Une année au Japon

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samedi, novembre 28 2009

Bunka no Hi

Mardi 3 novembre, jour de la culture (Bunka no Hi) au Japon. En ce jour férié (avec évidemment un ciel parfaitement dégagé), un petit tour à Tokyo devait s'imposer pour se cultiver un peu en ce jour saint !

Après quelques recherches sur le net, c'est finalement du côté d'Asakusa que j'ai décidé de m'aventurer et pour cause, depuis maintenant 10 ans se tient le Tôkyô Jidai Matsuri, une parade gigantesque retraçant l'histoire de l'actuelle capitale du Japon. Excité de découvrir sous forme de défilé des siècles d'histoire de ce pays, je pars un peu à l'arrache sans déjeuner et arrive 30 minutes en avance pour trouver une place optimale pour photographier les différents acteurs du défilé.

Et là l'horreur ! Après avoir trouvé une petite place aux premières loges au prix de quelques acrobaties dans la foule, je découvre que j'ai oublié mon bon vieux D80. C'est le drame, le dégoût, la rage qui me domine. Heureusement que le plan B du photographe avait été activé puisque j'ai trouvé mon compact traînant au fond du sac à dos. "C'est mieux que rien", me dis-je, bien que j'avais un peu la haine. Enfin, il reste quelques minutes avant le début du défilé. Que faire en attendant ? Entraînement de japonais ! Je commence à discuter un peu avec une grand-mère qui parlait pas un mot d'anglais évidemment. Comme dans 70% des cas, elle est surprise quand je lui dis que je viens de France, alors qu'elle pensait que j'étais un japonais pur et dur. Elle s'étonne aussi du fait que je parle plutôt un japonais correct bref une conversation sympathique et sans prise de tête pour patienter jusqu'au début du spectacle.

Dès les premières minutes, le ton est donné : musique très traditionnelle, costumes des participants très réussis. Les 150 minutes du défilé ont été un véritable plaisir. Outre la traversée de tous les âges : Des Tokugawa aux Shinsengumis, c'est près de 500 ans d'histoire japonaise qui m'est offerte gracieusement, des mises en scène de combat, d'acrobaties, petites scènes de Kabuki et autres sketchs humoristiques ont alimenté sans arrêt le défilé, lui offrant une dynamique agréable qu'on en oubliait le froid qui régnait à Asakusa.

En parlant de froid, je souligne encore une fois la performance des milliers de figurants du défilé qui, pour la plupart, portait qu'un simple kimono sur eux, bref ils devaient bien se les peler. Bon, les adultes faisaient comme si de rien n'était, mais il était amusant de voir les petits enfants adopter des poses bizarres et crier "SAMUIIII DESSUUU" pendant qu'ils défilaient. Une situation qui fait sourire le public qui n'a pas à hésiter à les encouragee à coup de "GAMBATTEE !!".

Le défilé s'est terminé aux alentours de 16h, le temps de me promener rapidement dans Asakusa, de me dire que "Putain, j'ai rien mangé depuis ce matin", de faire un tour dans un combini pour me prendre un onigiri goût prune salée pour casse croûte et de rentrer à la maison sur les coups de 17h-18h.

Ci-dessous quelques clichés du Tôkyô Jidai Matsuri

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mercredi, novembre 25 2009

A la découverte de Tôkyô Episode 4 : Ueno

Nous voilà de retour à Tôkyô avec le quatrième épisode de la chronique "A la découverte de Tôkyô". Je vous propose aujourd'hui de faire un tour à Ueno, un quartier au nord-est de la capitale nippone.

Bien que la visite du quartier m'ait pris deux après-midi, je simplifierai mon récit en fusionnant les deux jours de visite. Prêt ? Alors c'est parti.

* Le parc Ueno Onshi (Shinobazu no ike)

Pour aller directement au but, le parc de Ueno est la principale attraction du quartier. On y trouve beaucoup de musées (musée nationale des sciences, musée national de Tokyo, le Royal Museum de Ueno et plus encore...), de nombreux temples Shintoïstes, des étangs à bateaux ou encore des statues de célébrités japonaises tel Noguchi Hideyo, Saido Takamori. Je vous invite à aller faire un tour du côté de Wikipedia si vous voulez en savoir plus sur ces deux personnages.

Tout comme le parc de la Tête d'Or à Lyon, celui de Ueno possède aussi un zoo mais il faut s'acquitter d'une somme de 600 yens ( 4 euros) afin de pouvoir observer les animaux. Ueno1.jpg

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* Le zoo Ueno

Ah ! Le zoo de Ueno ! Comment ne pas parler de ce zoo à l'allure tout simplement... normal. Non, je ne vais pas passer les 4 prochaines lignes à décrire le zoo de Ueno tellement il est quelconque mais plutôt de vous parler de la performance d'ingénieurs INSAiens qui se transformés le temps d'une heure en touristes japonais professionnels.

Petite explication : Une arrivée au zoo de Ueno aux alentours de 15h15-15h30 et des animaux qui sont rapatriés dans leur cage à 16h30 ; le décor est tout de suite planté, le destin a décidé de nous laisser une heure pour nous farcir l'endroit. Une réflexion de grands penseurs et une exécution de l'algorithme A* couplé à un Dijkstra dans notre petite tête nous a permis d'optimiser notre parcours et de faire une visite à 95% au prix d'une marche rapide et de photos express. Je tiens tout de même à insister sur le fait que le parc n'est pas petit et que cette performance est vraiment de tout premier ordre. Ainsi sont passés sous les coups de nos appareils des girafes, gorilles, rhinocéros, zèbre, ours polaire, pingouins, flamant rose, gorille, lama et plus encore... Aussi, contrairement à ce que vous pourrez croire, cette aventure fut très plaisante et très agréable malgré le gros rush.

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  • Ameyoko

On termine notre visite de Ueno par une ruelle sympathique qui longe la gare de Ueno jusqu'à la gare d'Okachimachi, j'ai nommé Ameyoko. En soit, cette rue n'est pas un lieu de passage obligé si on visite Tôkyô mais elle reste agréable pour terminer tranquillement une journée déjà bien remplie. Pour les plus curieux d'entre vous, cette rue (relativement étroite et peuplée) est composée principalement de magasins de poissons et d'alimentation diverse, des magasins de vêtements et de chaussures. J'en ai d'ailleurs profité pour combler mon manque de nourriture en essayant un mini-okonomiyaki à un prix très raisonnable de 200 yens (1€50).

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* Conclusion

Ainsi se termine la visite de Ueno. J'espère que vous avez apprécié. Notez que j'ai parlé des endroits que j'ai uniquement visité. Il existe d'autres lieux à visiter dans ce quartier comme le temple Kaneji, le sanctuaire Toshogu et Yushima Tenmangu ainsi que le cimetière Yanaka (Je sens comme un overflow de noms japonais :D ) mais vous savez le temps c'est de l'argent, et parfois, il faut choisir... *SNIF, quelle magnifique phrase de conclusion tout de même*

dimanche, novembre 22 2009

Chanson de l'automne

Aujourd'hui, je vous propose une petite introduction à la musique japonaise. J'ai choisi pour vous une "vieille" chanson de la fin des années 90. Pourquoi celle-ci ? Tout simplement parce que j'ai eu le loisir de l'entendre partout où je me baladais (centre commerciale, dans la rue, dans les combinis etc...).

Je vous épargne les détails sur le groupe. Il s'appelle SPITZ et leur musique est orienté pop-rock. Pour les curieux, comme d'habitude, Google is your friend.

Quant au titre de la chanson, elle se nomme kaede (楓), qui veut dire érable. Ceci expliquerait pourquoi j'entendais souvent cette mélodie ces dernières semaines. En effet, au Japon, les érables sont nombreux et prennent une magnifique couleur rouge durant les mois de l'automne . Les japonais appellent ça kouyou (紅葉), mais je reviendrai sur ça dans les prochains jours

Bon week-end à tous !

mercredi, novembre 18 2009

Soyons sérieux... Parlons boulot !

Parlons franchement des choses qui fâchent, parlons boulot !

En effet, contrairement à ce que suggère le blog, je suis au Japon pour passer une année universitaire et y effectuer mon PFE (Projet de fin d'études). Parlons donc de ce projet sur lequel je travaille depuis environ un mois.

L'université de Tôkyô a mis au point un prototype qui tire en partie de la conductibilité humaine et qui permet donc de transférer des informations via le corps humain. Le prototype est divisé en deux parties :

  • Une montre que l'utilisateur accroche à son bras et qui contient les informations à transférer. Je vous épargne les détails techniques et tout ce qui est électrode, matériel électronique etc...
  • L'appareil de réception qui consiste à récupérer les informations de la montre dès que l'utilisateur le touche. Dans ce prototype, une petite LED s'allume si la bonne séquence de caractère parvient au récepteur.

Pas trop mal pour un prototype, n'est-ce pas ? Mon travail consiste à améliorer ce prototype et de l'appliquer à d'autres situations (vie quotidienne, domaine du loisir ou domaine de la recherche...)

Imaginez maintenant un peu ce que ce genre de technologie pourrait simplifier dans votre vie :

  • Stocker vos informations civiles dans votre montre. Ne vous fatiguez plus à remplir le tas de paperasse à la main, touchez simplement une borne compatible avec vos montres et l'informatique se charge de remplir toutes les informations à votre place grâce à aux données stockées sur la montre.
  • Gérer la porte de votre maison avec votre montre. Une reconnaissance d'identité est envisageable. Ainsi, seules les personnes identifiées comme habitant de la maison pourront ouvrir la porte.
  • Echanger vos numéros de téléphone avec vos interlocuteurs en leur serrant leur main.
  • Mode geek-on : Echanger vos MP3 et vos jeux-vidéos en serrant la main de vos amis xD et niquer HADOPI si vous êtes en France. Bon le débit de transfert n'est pas encore de 1 mo/s (Il doit être à l'échelle du ko/s en ce moment), mais théoriquement, ça pourrait marcher ^_^

Evidemment, toutes ces idées ne seront pas développées durant mon PFE. Le souhait d'un des étudiants japonais qui travaille sur la partie hardware du prototype est de pouvoir faire une communication bilatérale (PC vers montre et montre vers PC), ce point sera considéré pour proposer un modèle plus avancé.

Pour être honnête avec vous, je ne m'attendais pas à travailler sur un projet si intéressant (à première vue) lorsqu'on m'a annoncé que je travaillerai dans un laboratoire de recherche. Non seulement je toucherai à l'informatique, mais cela me permettra de travailler dans d'autres domaines de compétence et cela ne me déplaît pas vu que l'informatique, j'en ai eu ma dose pendant plus de 4 ans !

Partie destinée aux informaticiens!!!

Pour ceux qui ça intéresse, le code sera du C pour la partie hardware puisque je suis parti pour programmer sur PIC (Hmmm, rappelez-vous de ces merveilleux cours d'architecture à l'IUT et à l'INSA :D). Une application sera aussi développée côté PC pour traiter les informations qui viennent ou vont vers la montre. De ce côté-là, aucun langage n'a encore été défini mais mon petit doigt me dit que ce sera sous Visual Studio que le bordel se fera vu les logiciels que le laboratoire utilise. Néanmoins, la partie logiciel n'a pas encore été travaillé suffisamment pour dégager un véritable langage de programmation

samedi, novembre 14 2009

Voir le Whopper 7... et mourir

Le whopper 7... Rien que de d'écrire ce nom me donne encore des frissons dans l'estomac. Revenons quelques jours en arrière, le jeudi 5 novembre. En naviguant tranquillement sur Yahoo et en lisant rapidement les news à la une du site, je découvre une nouvelle insolite sur un Hamburger spécial pour fêter la sortie de Windows 7 sur l'archipel. Son nom, le Whopper 7 !

En découvrant l'affiche, je pense évidemment à une grosse blague, ce n'est pas possible de faire un hamburger aussi stupide et de mettre 7 steaks en même temps. Je me renseigne donc quand même un peu sur le site officiel de Burger King, le supposé investigateur de l'idée et à mon plus grand étonnement, ce hamburger existe vraiment. Malheureusement pour moi, l'offre s'est terminée fin octobre donc trop tard pour l'essayer... whopper7.jpg Le soir même, un de mes compagnons INSAiens me contacte pour me dire que l'offre a été prolongée jusqu'à 6 novembre inclus. Un seul jour pour tenter l'hamburger de l'enfer... Allez, je suis au Japon, je suis là pour tester tout et n'importe et au nom du journalisme, je relève le challenge et me prépare activement à affronter le monstre. Le vendredi, je décide de sauter le petit déjeuner et de me nourrir d'un ramen cup au déjeuner pour crever la dalle le soir et espérer terminer cet hamburger.

Il est maintenant 21h, mes compagnons et moi-même arrivons sur le lieu où le combat va avoir lieu, pour un prix de 1400 yens (environ 10 euros), on obtient l'objet de nos désirs et on se prépare à attaquer la bête. Comme un symbole, ce repas nous a fait traverser 7 états :

  • Excitation : La serveuse nous dépose nos trois Whoppers 7 devant nous. On est émerveillé, les yeux pétillent, mes amis prennent des photos (oui, j'avais oublié de charger mon appareil donc pas de photos de mon côté), on est prêt à découvrir l'hamburger.

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  • Émerveillement : On enlève l'étiquette windows 7 sur le papier de l'hamburger et on déballe notre repas. La légende disait vrai, sous nos yeux émerveillés se tenaient 7 steaks, tous aussi dégueulasses les uns que les autres. De nouvelles photos sont prises. On constate néanmoins que le tout est moins sexy que la pub visant à promouvoir l'hamburger. (Qui croyait franchement à la présentation de l'affiche de toute façon ?)

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  • Dégustation : Les premières bouchées sont plutôt positives. La raison ? On avait cruellement faim. Je me dis intérieurement que je vais me le faire tranquille ce put*** de monstre.
  • Blocage : On arrive à présent à la moitié de l'hamburger, les bouchées sont de plus en plus difficiles. Le milieu est sec, le goût devient répétitif et l'estomac commence à crier "C'est bon, arrête de déconner man !".
  • Dépression : La tâche devient vraiment difficile, les gouttes de sueur apparaissent sur les fronts. Je décide d'attaquer l'hamburger en manger les steaks un par un en m'aidant de mes deux sachets de Ketchups. Au bout du 4ème steak, je craque, j'en peux plus, je déprime... Burger King m'a vaincu... MAIS !!!!!

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  • Abnégation : C'est alors qu'une voix dans ma tête me crie : "AKIRAMENAIII !!" (N'abandonne pas). Je décide de me lever et d'aller marcher 5-10 mns pour prendre l'air et reposer mon estomac. Cette bouffée d'oxygène m'a permis d'attaquer les 2 steaks suivants (bien qu'on m'ait piqué mes restes de ketchups). Je me retrouve finalement avec deux steaks entamés à leur deux-tiers. "Je peux le faire ! I can do it ! Je n'abandonnerai plus !", me dis-je. C'est alors que que j'abats ma dernière carte: le café gratuit à ceux qui prennent un Whopper 7. Oui, jamais dans ma vie je n'avais autant remercié celui qui avait découvert le café (Messieurs de la région de Kaffa en Ethiopie, dieu vous bénisse). Cette boisson chaude au parfum léger et subtil a permis de libérer de la place dans mon estomac pour le dénouement final en faisant fondre je ne sais pas comment les morceaux de steak de mon estomac.
  • Délivrance : J'arrive à la dernière bouchée. Mon ventre n'en peut plus. La dernière bouchée est magistrale, le steak a du mal à entrer complètement dans la bouche, je mâche pendant de longues minutes et évidemment j'immortalise le moment par une photo. Eh oui ! Il est 21h40, 40 minutes après le début des hostilités, j'en termine donc du Whopper 7. Une joie (toute mesurée quand même) m'envahit : "I DID IT !". Je profite avec allégresse de mon café en attendant que mon ami en finisse aussi avec son hamburger tel un gentleman. Quelques minutes plus tard, comme une Dora l'exploratrice au sommet de sa forme, nous pouvions tous fièrement crier au monde : "WE DID IT ! YES, WE DIT IT"

C'est ainsi que se termine mon plus grand défi depuis mon arrivée au Japon.

PS : Sur l'affiche, on peut voir un prix de 777 yens (Marketing quand tu nous tiens), si on lit en détail l'affiche, le prix de 777 yens est réservé aux 30 premiers clients de la journée. Après, il faut payer le prix fort.

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